lundi 24 novembre 2008

Japon 59

Notre arrivee a Kyushu fut accompagnee d'un froid glacial. Au depart de Matsuyama, nous avons du marcher environ deux heures sur la nationale pour qu'une voiture s'arrete enfin. Dans leur chouette 4x4, Nori et Kaoru nous accompagneront jusqu'au ferry, a peine le temps de manger quelques takoyaki le long de la route et les liens sont fixes. La pluie tombe a flot et le soleil ne montre le bout de son nez qu'au moment de sortir de la voiture... encore une fois nous passons entre les gouttes.





A Beppu (Kyushu), le froid est glacial mais nous sommes tout de meme decides a planter la tente dans l'enorme parc que l'on nous a indique derriere la gare. Une fois dans le parc il suffit d'un regard pour savoir que cela ne sera pas possible, car tout y eclaire comme en plein jour, nous continuons donc de marcher, notre determination entame par le froid et la fatigue. Nous tomberons finalement sur un love hotel pas trop cher et CHAUD. Nous nous retrouvons donc dans une chambre Winnie l'Ourson et je vous assure que ca n'aide pas a assurer !



La journee suivante nous visiterons les Jigoku (etangs de l'enfer) qui sont des etangs en ebullition ou fumant de differentes couleurs, le plus impressionnant etant Chi-no-Ike (L'etang sanguinollant) d'un rouge vif. Nous aurions pu passer plus de temps a Beppu mais notre long sejour a Matsuyama nous ayant engourdi un peu nous voulons reprendre un peu de poil de la bete en nous remettant rapidement sur la route.



Deux jeunes filles (dont nous ne saurons jamais le nom) etudiantes en golf (ce n'est pas une blague) nous accompagnerons jusqu'a notre destination a Aso. Aso est une formation de plusieurs volcan dont les 5 principaux sont Neko-dake, Taka-dake, Naka-dake, Kishima-dake et Eboshi-dake. Ces 5 pics se situent au centre exact d'une caldeira de 18km sur 25... absolument epoustouflante surtout quand le couche du soleil illumine de rose la barriere de montagne autour.



Nous passerons la nuit dans un petit village de Onsen a environ 6km de la. Le froid se fait glacial apres que le soleil ait disparu et nous trouvons un chouette petit hotel de motard qui nous accueillera chaleureusement. Dans la salle commune, tout le monde allonge ses jambes sous le kotatsu bouillant et mange un repas calorifique !



Au matin, nous re-tendons le pouce direction le sommet de Naka-dake, le volcan le plus actif. A notre arrivee, les nuages recouvrent completement le cratere et seules les odeurs de soufre epouvantable laissent sous-entendre l'activite de la montagne. Les japonais, plutot craintifs, bloquent plusieurs passages de peur que quelqu'un tombe ou ne se sente mal du aux emanations de gaz... mais c'est dans les coins innaccessibles que le ciel est clair et que je voudrais aller... ni une ni deux, je me faufile et part en courant aller inspecter ca de plus pres... le spectacle est ahurissant !



Environ 45 ans, clope au bec, casquette en arriere pour cacher sa calvitie, au volant d'une voiture qui semble avoir fait la guerre, Eto-san nous attrape sur le chemin et nous aid a avaler les 40 km qui nous separe de Kumamoto. Il y a 25 ans, cet ouvrier des chemins de fer scandalisait les siens en tant que bosozoku. A l'epoque, il faisait le fier sur sa moto en tournant en petarade d'enfer autour des parcs de Kumamoto. Il me raconte cela en se marrant et en decouvrant plus de dents jaunis qu'il n'en faudrait et des rides que seul le sourire sait placer au coin des yeux ! Il nous parle du danger que sont devenus les nouveaux bosozoku, contrairement a lui et ses camarades de l'epoque. Bien qu'il se soit fait arreter une fois, ce fut pour avoir piquer des stickers Coca-Cola colles sur les distributeurs automatiques tout autour du Japon et non pour avoir detrousse une grand-mere ! Pour ceux qui connaitrons, nous venons de rencontrer la version de Onizuka a 45 ans... Maintenant addict au pachinko, il evoque le bon vieux temps avec un brin de nostalgie. A Kumamoto, nous ferons le tour de la ville ensemble avant de nous laisser devant la gare ou a mon insu, il glissera a Milena un ou deux billets pour la suite de notre voyage !
De combien de ce genre d'ame la terre regorge-t-elle ? Chaque geste est un apport d'amour et de piete supplementaire. Ma croyance en l'Homme est depuis longtemps faite, mais je vois le visage de Milena s'illuminer un peu plus chaque jour...

On tend le pouce direction Kagoshima.



C'est un peu un challenge que de faire 200km en partant a 15h (sachant que la nuit noire est la 17h), mais nous tentons le tout pour le tout ! Ce sera en tout 5 personnes qui nous aideront, Yuuki, l'homme de l'izakaya; le papi a l'accent impossible; Hirohumi; le jeune au cafe; et l'homme solution ultime ! Ultime car nous devions nous presenter avant 23h a notre hotel et c'est grace a lui que nous aurons reussi (meme si cela consistait a faire les derniers kilometres en train).



Kagoshima c'est beau, mais c'est surtout le depart du ferry qui nous fera traverser le bras de mer qui nous separe de Sakurajima, le volcan que l'on voit derriere Milena. Il y a quelques annees, ce volcan etait une ile dans la baie, mais une violente eruption l'a transforme en presqu'ile, rattachee a l'ile de Kyushu par l'est. Sakurajima renferme un vrai petit tresor, un onsen konyoku (onsen mixte)... il suffit de voir pour comprendre.









Notre but a present est de nous rendre chez Derrick et sa femme dans un premier temps (couchsurfeur), puis d'atteindre notre destination finale : Le cap Sata, point le plus au sud des 4 iles principales du Japon.

Sur la route vers Nejime, deux droles d'instituteurs nous ferons faire du tourisme le long d'une cote splendide alors que paresseusement le soleil se couche !





Des le premier instant, nous nous sentons bien aux cotes de Derrick, Naoko et leur deux enfants Zen et Luca. Nous sommes recus comme des membres de la famille. Nous dinons ensemble et nous etonnons du nombre d'envies et d'idees que nous avons en commun...





Le lendemain, nous irons ensemble visiter une cascade puis faire les 20km qui nous separent du cap Sata. Nous y voici enfin, presque 2 mois apres avoir atteint le Cap Soya au nord d'Hokkaido environ 3500km plus au nord. Trois petits bonds et puis s'en vont...



Le temps d'aller religieusement se plonger le visage dans l'eau et voici que sans nous en apercevoir nous sommes sur le retour... nous avons atteint notre but... mais sincerement, le voyage n'a rien a voir avec un point que l'on vise... c'est la route qui nous y a emmene qui fait la beaute du paysage que nous avons devant les yeux !



Il est neanmoins temps pour nous de quitter nos nouveaux amis et de reprendre la route dans le sens oppose, le nord. Le temps de dire au revoir et nous revoila parti direction cette fois Nagazaki puis Hiroshima, deux pieces maitresses pour finir ce fabuleux voyage !