mercredi 20 mars 2013

Indian ocean 01

"You, muslim, muslim!
_Euh, non, pas Muslim...
_Yes yes muslim!
_Euh, ok si tu veux..."

Je n'ai connu Mana que 4 jours et celui-ci n'était pas bavard, mais un beau matin il a décidé que comme lui j'étais musulman... Impossible d'en déroger.
Sur le pont nous nous activons avec Simon afin de préparer Demoiselles, ce beau sailing yacht de 30m, à une traversée qui devra nous amener de Phuket en Thaïlande, à Malé aux Maldives. Nous devrions mettre environ 8 jours. Difficile de se faire une idée de la Thaïlande en si peu de temps. Je suis allé faire des approvisionnements pour le bateau deux fois et je suis sorti avec d'autres membres d'équipages deux fois aussi. De nuit difficile de voire autre chose sur les plages de Nai Yang que les bars ouverts. L'ambiance est au rendez-vous.
Le lendemain de mon arrivée alors que je travaillais mes inox à la proue du bateau, j'entends crier mon nom !? Je me retourne et vois une silhouette sauter sur un immense catamaran de l'autre côté de la marina. Il s'agissait d'un ami qui a suivi la même formation de capitaine que moi... Incroyable. Le troisième jour un ancien collègue de travail de Barcelone m'annonce par email qu'il est à Phuket aussi et passe me voir... Le quatrième jour alors que nous larguons les amarres je me dis que c'est aussi bien car je commençais à être trop connu dans le coin !
Alors que nous prenons la mer, le rythme devient différent. Nous allons nous relayer Simon, Xavier (le capitaine) et moi afin de faire les quarts de navigation. 3 heures de quarts suivis de 6 heures de repos. Et le temps ralenti. Une certaine notion est conservé grâce à la ponctualité des repas que nous prépare Keng, le cuisinier thaï. Mais le soir arrive vite. Les nuits en pleine mer sont magnifiques. L'atmosphère est chaude et nous enfilons rarement un débardeur. Quelques géants des mers requièrent notre attention alors que nos routes se croisent au milieu de nul part.
Nous naviguons en silence, traversant l'océan indien, ni le vent ni la mer ne viennent perturber notre lent passage. Chaque nuit répète sa danse d'étoiles. Dans le ciel, le phytoplancton se reflète. Le mât de Demoiselles dessine des arabesques au gré du roulis. L'air tiède m'oblige à enfiler un maillot de corps après plusieurs jours de nudité. Je frissonne. Nous aurons croisés peu de compagnons, quelques minuscules poissons volants s'enfuyant à tire d'ailes et trois dauphins un peu perdus. Le silence aura été notre plus fidèle ami. Et déjà sur l'horizon obscur se dessine un halo. Lumière, témoin d'humanité.
La douane, l'immigration, la police et quelques pièces rapportées prennent leur temps afin de remplir les papiers qui ne serviront jamais à personne... Ils inspectent le navire avec leurs gros godillots dégueulasses. La chaleur est écrasante et le teck brûlant. Tout le monde transpire à grosses gouttes mais tout le monde porte l'uniforme en vigueur. Ça fait très sérieux. Ancré devant Malé, on est loin des clichés de cartes postales. La ville est sale et polluée. Nous sommes comme des comédiens en coulisses, prêt à faire rêver, devant un spectacle somptueux... ailleurs.
Le rythme est à nouveau brisé et nous reprenons une vie "normale" avec des horaires "normaux". Les journées sont bien remplit. Après 7 jours de traversée, une multitude de tâches s'imposent d'elles même. À 17h, une fois le gros de la chaleur passé... Nous posons les outils, et allons visiter l'île d'à côté. Aux Maldives, l'alcool est interdit, le port du bikini aussi. Religion musulmane d'état oblige. Quel ironie. Pour sûr cela sera autorisé dans les Resorts dont les îles et lagons sont privatisés. C'est un pays qui ne fait pas les choses à moitié. On passera quasiment sans transition de la chambre d'hôtel un peu pourrave à 20$ la nuit au bungalow les pieds dans l'eau à 1000$.
De notre côté, nous profitons dès qu'un instant de libre le permet, d'aller faire une petite plongée ou une session de wakeboard qui nous permet de faire une coupure avec la journée.
D'ici 15 jours Milena viendra me rejoindre avec Thomas... Son premier voyage hors de France si son passeport arrive à temps. J'ai tellement hâte.



jeudi 11 octobre 2012

France 16


Notre rôle de parent a prit le dessus et ce blog est devenufantôme. Pourtant c’est mon petit bout qui aujourd’hui inspire en moi l’enviede partager une anecdote avec vous.

Notre quotidien, est rythmé par les besoins de Thomas. Les siestes, les repas à heure fixe, les besoins d’attention constante… Je meretrouve à devoir, par la force des choses, fixer des horaires aux choses… moiqui vivais sans montre depuis des années, me voici obnubilé par l’heure.

Notre bébé est déjà un petit garçon qui marche et papillonne,il est plus bavard que sa mère et comprend en nous regardant faire commentfonctionnent la plupart des éléments électroniques qui nous entourent. Je penseque la majorité des bambins de son âge en son plus ou moins au même point, maisil n’empêche que je n’ai pu empêcher un sentiment de fierté et en même tempsune espèce de peur insaisissable quand j’ai vu Tom venir vers moi pour prendrela télécommande de la sono car il me voyait appuyer sur des boutons quand leson augmentait ou quand la musique était changée. Depuis, c’est lui qui gère endespote le jukebox familial.

Cet après-midi, en rentrant de la crèche vers 16h. Je medépêche de fermer les volets de sa chambre, pour lui faire faire sa sieste. Jelui chante une berceuse et le couche, non sans quelques ronchonnements de sapart. Je profite ensuite du temps libre pour ranger la cuisine. Au bout de deuxminutes, plus de bruit dans la chambre. Puis j’entends un objet être éjecté dulit… Jusque là tout est normal. Quelques secondes plus tard je vais zieuter. Laporte de sa chambre est bloquée… Normal, monsieur est assis derrière,tranquille, en train de jouer. Dans ma tête, un nombre d’images incroyablesdéfilent. Il était dans son lit, comment a-t-il pu ? Je me précipite surlui et le regarde sous toutes les coutures pour voir s’il ne s’est pas blessé.Tom ne comprend pas ma surprise. Choqué, je le remets dans son lit, ce qu’iln’apprécie guère et me le fait comprendre en braillant de toutes ses forces. Aubout de quelques secondes, il lève sa jambe droite à la verticale et attrape letour de lit décoratif avec son pied. Il bascule son poids dessus et pousse demanière passer au-dessus de la barrière qu’il agrippe fermement. Le bonhomme seretrouve de l’autre côté, suspendu et se laisse glisser au sol comme une fleur…Première ascension à 101cm validé par le jury pour le jeune Fosbury.

Le tour de lit est bien évidemment démonté immédiatement, etle jeune homme surveillé d’encore plus près… Je le sens prêt à battre desrecords, donc…

mercredi 11 mai 2011

France 15

170 jours… et je commence tout juste a me rendre compte de l’univers dans lequel j’évolue. C’est moite, c’est doux, c’est chaud… le kif ! Mes journées sont rythmées par des sensations que je ne saurais exprimer correctement, mais c’est bon. Des fois le soir, je sens que mon espace vital est un peu diminué par une grosse forme ronde qui s’appuie sur moi. Avant je devais attendre que ça passe tout seul, mais maintenant que je sais me servir de mes extrémités, je tape dedans pour que ça s’en aille… Et ça marche ! Ensuite, j’entends des bruits saccadés, je ne sais pas trop ce que cela signifie… mais il me semble que c’est de la joie.


Des fois, le matin, je sens tout mon univers qui se met en mouvement. Ça secoue dans tous les sens. J’aime plus quand ça ne secoue pas ! Oh ! J’arrive a mettre mes quatre extrémités au dessus de mes yeux, mouhahaha, c’est génial ! Mais !!! Qu’est ce que c’est que ce truc ? C’est long et mou ! Chouette, je peux jouer avec… ça passe un peu le temps. Oh la la ! Chaque jour m’apporte son lot de découvertes enivrantes, vivement demain et puis après encore.

Pendant ce temps-là, de l’autre côté du ventre de Milena.

24 décembre 2010 : Nous achetons un test de grossesse, par acquis de conscience. Et découvrons que Milena est bien enceinte. Du bonheur coule dans nos veines.

07 janvier 2011 : Premier rendez-vous chez le Gynécologue ! Son cœur bat la chamade, le notre aussi !

Ça y est, on le sait, un petit garçon pousse dans le ventre de ma bien aimée. Des prénoms de toutes origines et cultures s'élèvent dans nos esprits. Des jeux de mots amusant en suppriment beaucoup, d'autres restent persistants... mais aucun ne trouve notre élection sans faille.

28 avril, je me réveille, regarde Miléna. Je pose ma tête sur son ventre arrondi. Bim bam boum... le percussionniste me laisse enfin entendre sa mélodie. Pause. Et paf ! Une droite dans l'oreille !

La vie n'a pas vraiment changée... J'ai repris une formation à l'INSEIT depuis le 3 janvier. Je passe plusieurs diplôme afin de me faire une place un peu plus douillette dans le milieu maritime. Demain se déroulera mon dernier jour d'examen. Ensuite retour sur le Vanquish Mi6 pour une nouvelle saison sous le soleil azuréen.

Dans 100 jours environ, une petite tête qui a peu de chance d'être blonde viendra aviver le cours de nos vies. Keep in touch.