dimanche 13 novembre 2005

Pérou 06

C'est d'abord une grosse boule dans la gorge qui monte, et puis rapidement, c'est fini. Elle est partie.

Après cette fameuse route du Chaco, quoi ?

Eh bien, un long marathon de bus le long de la Bolivie et du Pérou pour atteindre finalement Cusco. L'émotion nous a gagné en atteignant La Paz, nous connaissions ces rues, nous connaissions quelques personnes là-bas... déjà presque deux mois que nous avions quitté cette ville et il nous semblait que c'était hier. Et puis Cusco, cette fameuse ville dont tout le monde parle, ce lieu fixe du tourisme péruvien, cet endroit que nous ne voulions pas aller voir la première fois de passage dans le coin. Un tel rabattage nous avait été fait, encore et encore, on s'est dit "essayons", au moins l'opinion nous sera propre. Alors nous y voilà et déjà nous entamons la recherche du meilleur prix pour monter au Machu Picchu. Je m'explique. Depuis que je suis arrivé, mille conseils, avis, renseignements se sont entrecoupés, vérifiés, contredits... D'abord j'avais le souvenir lointain du récit de Kams, mon frère de voyage, mais tout était flou dans ma tête, et mis à part une photo de lui marchant le long des rails du train... le noir. Ensuite ce fut un amas de : "Oh la ! Pour monter au Machu Picchu, c'est minimum 150 dollars par personne la journée", "Le Machu Picchu ? Moi je m'en suis tiré pour 80 billets !", "Mais qu'est-ce qu'on t'a raconté ! Si t'es un peu motiv' tu peux le faire pour 60 dollars pas plus !"... Bref un vrai casse-tête, et ne comptons pas sur Le Routard, ce vieux roublard toujours en retard de 4 ans sur la "soit disante" nouvelle édition !

Nous voilà donc à l'Office du Tourisme (toujours au top du renseignement). La meilleure solution est simple, il faut prendre un billet de train partant d’Ollantaytambo direction Aguas Caliente... Pour aller à Ollantaytambo, il faut prendre un bus (1h45 pas plus !). Ensuite à voir si l'on veut gaspiller 12$US de plus, car d'Aguas Caliente une seule compagnie de bus règne pour monter le flot de touristes à l'entrée du site. Notre option aura été celle-là de prendre un bus de Cusco à Ollantaytambo, où il aura fallut faire des pieds et des mains pour avoir un ticket de train (40$US A/R) partant à 20h. Une heure de retard nous amènera à Aguas Calientes à 22h40. Nuit courte, car le départ à pieds pour Machu Picchu (économie de qqs dollars) nous le commençons à 4h30 du matin, histoire d'arriver à l'ouverture avant les bus. Pari gagné puisque vivants, bien qu'à bout de souffle, nous arrivons enfin. Peu de monde nous a précédé et nos yeux s'ouvrent grands sur ces constructions jusqu'à présents restées cacher. Le ciel est bleu et notre souffle se rallonge lentement. Nous ne regrettons pas ni la dépense ni l'effort... Cependant nous n'avons pas fini de donner car il va falloir profiter de la fraicheur matinale et du peu de monde pour grimper de WaynaPicchu (Montagne Jeune) que l'on voit en principe toujours sur les photos. C'est un pain de sucre que l'on monte presque à l'aide de ces mains puisque la falaise est vertigineuse. Et au bout, la récompense finale... la vue. Le MachuPicchu revient à 40$US de train (minimum en ce déplacant jusqu'à Ollantaytambo), puis à 20$US d'entrée sur le site... 10 pour les étudiants internationaux (merci ISIC)... Ce qui m'a amené le tout à 50$US... Voilà pour le technique, le fade, le sans intérêt...

Ce qui importe le plus c'est d'ouvrir encore plus grand les yeux, qu'à l'habitué. Les pierres incas sont jointes d’une manière qui vous fait défaillir, et coller son oreille à la paroi c'est se ressourcer de minéraux ancestraux. Bien sûr, il y a du monde, mais finalement peut-on en vouloir au monde
de connaitre un tel élan ? J'ai entendu dire que, victime de son succès, le Machu Picchu fermerait peut-être un jour au public, car la foule détériore ce que plusieurs siècle d'abandon à l'état sauvage à
pu sauvegarder. Je ne sais pas où ils voient la détérioration, car le site est entretenu à la perfection, c'est beau de propreté ! Le point noir est évidemment le prix à payer, mais je n'ai finalement rien
regretté. Et puis cette vue depuis les 2710m du Wayna Picchu est à couper le souffle. On s'assiérait des heures si, grâce à dieu, le soleil ne tapait pas si fort... Car nous avons eu la chance d'avoir un
ciel bleu entre deux jours de pluie.

Le retour se passe à 5h45 du matin, il faut reprendre un train... bref ce n’est pas de tout repos... mais ça vaut vraiment le coup !


Maintenant, me voilà de retour sur Cusco... et je viens de laisser Miléna partir seule vers Lima où elle prendra son avion demain. Drôle de chose à vivre. Drôle...

Pourquoi ne pas la raccompagner jusqu'au bout après avoir traverser la moitié du continent dans l'urgence et ensemble... Parce que au détour d'un petit chemin Cusquenien j'ai rencontré Oliver qui dans sa petite agence me propose de partir 8 jours en forêt vierge d'une manière inoubliable... alors forcément j'ai accroché et Milena voyant mon œil brillant a compati... Le départ sera demain aux aurores... je vous dit "au 21"...


Emrys

PS : un chouette site que je ne connaissais pas : http://www.n7w.com/ pour élire les 7 nouvelles merveilles du monde...

lundi 7 novembre 2005

Bolivie 05

Avant hier nous étions à Ascención, et comme mon avion part dans très peu de temps maintenant, il nous faut sélectionner les villes où nous souhaitons passer le plus de temps. Nous n'aurons donc fait à Ascención qu'une journée et attendu le bus de 19h00 qui nous emmènera en 20 heures à Santa Cruz en Bolivie. Stéphan a insisté pour ne pas aller directement à la Paz. Le guide nous a effectivement annoncé un voyage prometteur si nous faisions ces 20 heures de trajets en passant par la route du Chaco...

Je sais que Stephan ne manquera pas d'écrire ces propres mots concernant ce trajet, mais pour vous donnez mes impressions, je vous cite simplement ici mes quelques lignes écrites durant ce parcours ...

" -05 Novembre 2005-

Hier c'est vrai la journée a été plutôt longue en attendant ce bus. Mais aujourd'hui nous y voilà ! Et bien comme il faut! Nous sommes partis hier soir, 19h00. Nous nous sommes endormis tard après de longues conversations et nous commencions à voir par la fenêtre quelques gouttes de pluies frapper sur nos vitres. Nous ne commencions alors qu'à nous inquiéter légèrement, sans savoir pourquoi, juste parce que nous avions lu que la traversée du Chaco ne durerait que 24 heures maximum s'il n'y avait pas de pluies !

Mais voilà, nous sommes le matin et ....il a plu. Le problème c'est qu'ici les routes ne sont pas faites. On est situé entre le Paraguay et la Bolivie, ni chez l'un, ni chez l'autre. Les bus s'embourbent toutes les 10 minutes et ça doit faire maintenant trois heures qu'on avance à tout petit pas! Les gens sont descendus pieds nus du bus pour aider à pousser, et de temps en temps un tractopelle ou un camion s'arrête pour nous aider à avancer. La route est prévue pour 2007 !!! Avec Stephan on ose imaginer que ce sera à peine fait en 2010. Sur notre droite on voit le route qui se dessine avec une fine couche d’asphalte sur laquelle on ne peut pas passer de peur qu'elle ne s'affaisse ! Du coup d'énormes troncs d'arbres sont posés tous les 50 mètres pour qu'on ne puisse pas circuler dessus. Et la BINGO...c'est bien ce qu'il se passe ! Stéphan est descendu prendre des photos superbes et impressionnantes! Nous sommes deux bus à nous suivre et toute à l'heure le premier avait quasi entièrement la soute dans la boue!.... (je m'arrête un moment car le bus redémarre et il m'est difficile d'écrire tellement ça bouge)
Seconde partie !!...Quel voyage! Après avoir passé la douane, les contrôles de passeport, les fouilles multiples... nous revoilà dans la galère!... Alors que nous échangions des mots doux et que tout le monde dormait dans le bus, nous voilà Stephan et moi surpris par un énorme BOOM !!! Le voyage est déjà repoussé avec une heure d'arrivée à Santa Cruz prévue pour 23h00 au lieu de 17 h00, mais là c'est la totale !! Stéphan va voir, descend du bus et remonte 10 minutes après en me disant avec un grand sourire: "
Exceso de velocidad..." la barre de transmission je crois, longue d'environ 2m50 est restée sur la route à 50 mètres plus loin! Apparemment pas d’affolement, les chauffeurs sont habitués! Ma foi ...

Au départ il était prévu 20 heures de bus, au total combien en ferons-nous... Surprise!!!"
Voilà donc où je me suis arrêtée. La fin de l'histoire...et bien nous nous sommes aperçus qu'en tombant, la barre de transmission avait fait un trou dans le réservoir d'essence, que les chauffeurs ne savaient plus comment faire, et nous avons attendus au moins une demi heure au bord de la route si ce n'est pas plus. Ensuite un bus qui passait par là s'est arrêté et nous à remorquer jusqu'au terminal de bus à Santa Cruz à 2h30 du matin...
Je laisse à Stephan le soin du détail...mais mon Dieu quel voyage !!!!
Bises à vous. Mi.


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La route du Chaco, voilà un nom qui résonnait en moi comme un appel à la découverte. Nous n'avons pas le temps de nous éterniser au Paraguay, malheureusement, mais l'aventure de traverser le pays par la frontière Bolivienne me semble indispensable... et pour cause.
Nous voilà donc à bord de ce fameux vaisseau, le bus Rio Paraguay, avec Air... Naturel !!! La transpiration monte donc... la chaleur est humide et moite et la crasse n'est pas belle à décrire. Je m'attarde sur quelques lignes prisent d'un côté sur le Lonely Planet du Paraguay et de l'autre sur le Routard de la Bolivie. Je cite :

... peut-être croiserez-vous des Mennonites dans la ville ou en chemin vers les missions ; il s'agit des membres d'une secte anabaptiste fondé au XVIeme siècle en Suisse, qui refuse toute autre autorité que celle de la bible. La majeure partie de leur communauté vit aujourd'hui aux Etats-Unis, mais ils se sont également établit au Mexique et au Paraguay, les autres pays qui assurent une rotation régulière entre les différentes communautés. Ils vivent entre eux, à l'Est de Santa Cruz, principalement du produit de leur agriculture. Dans les marchés, ils tiennent en général les étales de fromage. Côté vestimentaire, ça louche du côté « Petite Maison dans la Prairie ».

Puis tout en lisant je tourne la tête sur la gauche et je vois embarquer dans le bus, Charles Ingalls accompagné par rien de moins que 10 enfants (dont un encore dans le ventre de sa mère) leur mère et leur grand père !

La petite maison dans la prairie est un euphémisme, et plutôt que nous retrouver spectateurs de ces étranges individus, nous devenons bien au contraire l'élément curieux, attirant les yeux et les sourires des enfants ! Ils ont les ongles terreux, les habits de leurs aînés, la coupe du siècle dernier, et chacun une paire de Doc Martens usée jusqu'à la croute. Je n'ai jamais vu un groupe d'enfant aussi sage et discret, malgré leurs yeux scrutateurs !!! 9 gamins âgés entre 1 et 16 ans... et espacés gracieusement en âge, ça fait forcément du bruit, du chahut. Eh bien là non, du jamais vu... et puis d'un coup j'aperçois la petite coupure sur la lèvre du jeune à côté de moi ! Evidemment je ne peux rien conclure, et je ne conclu rien, mais la gueule du père à moitié ensuqué ne m'a pas laissé un souvenir des plus agréable. Ces gens là parlent le Guarani, un savant mélange de la langue indigène pratiqué avant la colonisation, d'allemand et d'espagnol. ¡Ñembopyahu!

Le résultat donne un truc incompréhensible à mes petites oreilles ("_Dis donc tu as de grandes oreilles ! _ Je tiens ça de mon grand-père. _ De quel côté ? _ Ben des deux, il aurait l'air con avec une seule grande oreille !!!" sic Milena et Stephan sur l'Ile d'Amantani).
Et puis les mœurs changent tellement... nous sommes choqués outre mesure quand nous apercevons le père et les enfants jeter à tour de rôle les ordures par la fenêtre. Je bougonne alors, discourant, au frais de ma compagne, sur l'écologie, la morale... tout en donnant sagement mes ordures au chauffeur me tendant le sac poubelle prévu a cet effet. Fier de moi et de l'univers je regarde par la fenêtre ce paysage si sérieux qui traverse d'une ligne de boue le paysage du Chaco, quand d'un coup, depuis la cabine du chauffeur je vois voler le fameux sac poubelle en direction des fourrés... Imaginez ma déconfiture !


Le soir est arrivé rapidement après notre départ, et nous sombrons dans un sommeil lourd et transpireux. C'est à deux heures du matin que l'on nous réveil pour les formalités de sortie du Paraguay et le tampon sur le passeport (sans le tampon, t'es mort !). Dehors, le désert. Au milieu, un cabanon. Je cherche pourtant sur l'horizon ce qui ressemblerait à un poste frontière, mais rien que ce cabanon. Il faut donc se rendre à l'évidence. Une queue se forme sous la lumière blanchâtre du seul néon éclairant la porte de ce cube de 3 par 3. Et la voix roque d'un réveil non anticipé nous appelle un par un : "siguiente !". À l'intérieur, un homme à moitié endormi nous prend les passeports ; derrière lui, deux hommes dorment sur des lits superposés en fer blanc. Ils sont sales et sentent l'humidité. Du ciment orne leurs rotules, et la lumière criarde ne semble pas les inquiéter. Nous passons au crible du douanier : "Vous êtes venus faire quoi au Paraguay ? _ Ben, visiter... (mauvaise intuition) _ Et vous croyez avoir compris le Paraguay en un jour vous ? (Là deux solutions, soit on s'engage dans une explication spatio-philosophique, soit on joue aux cons... bref, on joue aux cons...) _ Ben non hein, mais on compte bien revenir..." Le tampon acquis on s'échappe pour aller se recoucher. Le ciel se zèbre d'éclairs permanents et dans ma tête résonne cette phrase "Jusqu'à Santa Cruz ? 20h... Si il pleut par contre... ahahah". Black out.

La lumière s'infiltre doucement mais sûrement à travers mes paupières... je fais l'effort de regarder ma montre : 7h. Je referme les yeux. Puis soudain Milena me dit, Oh j'ai vu le plus bel arbre de ma vie... un vrai champipi!, et j'ose rouvrir les yeux, mais cette fois je serai bien incapable de les refermer. Je parlais de rouge et de vert... et bien je confirme... bien qu'avec un ciel bleu les couleurs aurait été éclatante. Nous filons (toujours dans le Paraguay, car le poste de douane se trouve 400km avant la frontière) sur une piste boueuse. Il aura plu toute la nuit. Le bus tangue comme un bateau, et qd les yeux se risquent à l'extérieur, on y voit effectivement de l'eau. On avance donc dans cette mare, avec un bus dont le cul se balade de droite à gauche en priant que les conducteurs aient pratiqué au moins une fois dans leur vie de la conduite sur glace !

Et puis soudain, c'est le drame... pas tellement dramatique que ça par ailleurs si l'on en croit le fou rire des employés. Le bus qui nous précédait s'enlise complètement dans 50cm d'eau... les soutes baignent, et les passagers sont coincés dedans au risque de se mouiller les pattes.
Il faut croire que ça arrive régulièrement car un tracteur viendra tirer le bougre de bus hors de sa bière et relancera haut les cœurs la course poursuite du Chaco... je passe les diverses enlisements qui se résoudront toujours avec cette simplicité du sourire, et j'en viens à la nuit suivante...
Évidemment, vu la pluie, nous n'escomptions plus arriver avant la nuit à Santa Cruz. Il est donc 21h et la nuit est noire quant au milieu de notre rêverie un bruit épouvantable se fait entendre... un bruit qui dure... ça claque, ça tape, ça grince, et d'un coup l'explosion... nous prions, l'espace d'une seconde !

Je me mets à courir après les chauffeurs qui sont déjà loin derrière le bus. Quand je les rattrape enfin, l'un d'eux tout en mettant l'arbre de transmission de la propulsion du bus sur l'épaule, me lancera, "on allait un peu trop vite, mais c'est rien on va réparer ça en deux deux..." malgré moi, je ris. A-t-on jamais vu un bus perdre son arbre de transmission à 100km/h en pleine nuit sans lune.

Comble, le temps de s'arracher définitivement de la carlingue, le long axe aura eu le temps d'esquinter les réservoirs de carburants. Nous voilà donc cloué. Il faudra attendre qu'un autre bus prenne en charge de s'arrêter et de nous escorter jusqu'à Santa Cruz où nous arriverons à 2h30 du matin.

Je vous ai mis en ligne quelques photos pour vous donner une idée du truc.
http://spaces.msn.com/members/troubadourcoquelicot/
still...

Nous prenons un peu le temps de profiter de Santa Cruz, puis ce sera direction La Paz... 20h... puis Cusco... 20h, puis Lima... aucune idée...

Emrys

vendredi 4 novembre 2005

Paraguay

Certains d'entre vous ont dû s'apercevoir qu'il y a souvent un décalage entre le titre et l'écrit de l'email. C'est parce que le bougre qui vous narre l'histoire n'a pas tôt fait d'arriver quelque part que déjà ses doigts lui brûle de raconter. Ainsi donc me voilà au Paraguay, mais j'y parlerai bien plus de l'Argentine où je séjournais durant ces quelques derniers jours. Je me disais tout à l'heure en faisant les 6 heures de trajets traversant le pays depuis Ciudad del Este jusqu'à Asunción: "Fichtre ! Le bon Dieu ne devait plus avoir que deux couleurs sur sa palette ! Le vert de la végétation et le rouge de la terre du Paraguay nous offre en deux notes une symphonie de couleurs émouvante." Voilà donc quatre jours, nous arrivions à Puerto Iguazu, après une lutte des transports depuis Montevideo (Uruguay). Ce petit hôtel que nous avions débusqué et qui pour une poignet de figue nous offrait le luxe d'un 4 étoiles (piscine, dvd, billard, petit dej’, internet...), et nous a décidé a nous y reposer trois jours, le temps de prendre un léger, mais féroce coup de soleil, et de voir les fameuses chutes d'Iguaçu, deuxième (première selon les locaux) plus grosse chute d'eau du monde... Nous sommes arrivés par grand soleil, et celui-ci a persisté jusqu'à notre départ, mais la semaine précédent notre arrivée la pluie avait été telle que pour la première fois depuis 20 ans, le niveau d'eau avait tellement monté que les installations touristiques des chutes ont été emportées et que le fleuve avait eu une crue de 10 mètres. Nous n'aurons donc pas connu les chutes blanches d'Iguaçu, mais le fleuve tumultueux et boueux au débit impressionnant ! Alors voilà, ce matin le bus partant de Puerto Iguazu (Argentine), nous a conduit a travers la petite route traversant Foz do Iguçu (Brésil), pour arriver a Ciudad del Este (Paraguay)... formant les trois villes frontières entourant les fameuses falls ! Le trajet se fait en une heure... et en un siècle. Je m'explique. Le trajet physique ne dure qu'une heure ; c'est le développement social qui fait un siècle... un bon d'un siècle en arrière, le même choc que le passage de la Bolivie au Chili, mais à l'envers. Ce passage de la modernité, à l'absence de logique, de moyen et de commerce moderne est une drôle de claque, surtout quand on ne s'y attend pas le moins du monde. 1€ vaut 6700 Guaranies (monnaie paraguayenne), et l'adaptation est difficile. Le pays à l'air si différent de ce que j'ai pu voir, se rapprochant tout de même à la Bolivie sous quelques aspects. Les bus reprennent leurs fanfares multicolores, les rues ressentent le vieux gasoil, le teint redevient basané, et la langue prend un accent espagnol arrangeant les R à la manière des américains ; une déformation dû selon moi à la deuxième langue officiel du pays (Guarani), selon Milena au portugais (proximité Brésilienne). Comme je le disais au début de ce courrier, l'impatience me fait écrire trop vite mes impressions qui finalement sont simplement des ressentis rapides. Je ne connais donc rien du Paraguay pour l'avoir simplement côtoyé une journée... et malheureusement je n'en connaitrais pas plus car nous prenons demain soir un bus traversant la région du Chaco pour rejoindre Santa Cruz de la Sierra en Bolivie. L'avion de Milena nous tient, et nous nous devons d'être prudents quant à la date du départ approchant. Ne connaissant ni la route sur laquelle nous nous hasardons, ni le temps qu'il va falloir pour faire les dernières choses qui nous attirent vraiment... sans parler non plus des péripéties probables... bref un tas d'interactions possibles nous pressent et nous invitent à nous rapprocher rapidement du Pérou. Je parlais de la région du Chaco que nous traverserons demain ; c'est la route traversant les missions jésuites paraguayennes, dans le nord
ouest du pays, la seule route le reliant à la frontière bolivienne ; route traversant la forêt. Poussière et chaleur humide donc au menu des prochaines 24h de bus.